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mercredi 12 août 2009

Histoire – 1ère partie

Je ne vais pas faire de cours d’histoire, mais un petit rappel à la va vite peut toujours être utile.

Pendant des milliers d’années, l’actuel territoire lao a été le terrain de disputes entre populations thaïes (Siam) et khmères.
Ces territoires correspondent à la partie Est de la vallée du Mékong.
Au 14ème siècle, le premier royaume lao est proclamé sous le nom de Lane Xang (royaume du million d’éléphants).
Les rois se succèdent et leur passage se souviendra du Bouddha en or, à l’origine du nom actuel de la ville de Luang Prabang ; du Bouddha d’émeraude, qui après un passage qui laisse encore des traces à Vientiane se retrouve maintenant à Bangkok ; et du fameux Phat That Luang, ou grand stupa doré, qui est aujourd’hui encore l’emblème du Laos.
En 1520, la capitale du royaume passe de Luang Prabang à Wieng Chan (actuelle Vientiane) pour faire face à la menace birmane.
Ce royaume, dont la population était d’origine et d’influence Thaïe éclata à la fin du 17ème siècle.
Après un partage entre siamois, vietnamiens et birmans, l’ensemble des territoires lao se retrouve finalement sous domination siamoise.

Pendant ce temps là, l’influence française au Vietnam fait son petit bonhomme de chemin…

Histoire – La transition vers le communisme

Période trop complexe et longue à détailler pour que je puisse en faire un bon résumé.
Je dois avouer que mes connaissances sont aussi une limite non négligeable…

Les japonais ont essayé de profiter de leur présence au Laos pendant la guerre pour tenter d’inciter les laotiens à se proclamer indépendants, par peur du retour de la France après la guerre. Le premier mouvement de résistance fut alors crée, en vain.
Petit à petit, la France, préoccupée par son fardeau colonial et par les attaques du Viet-minh au Vietnam, finit par accorder la pleine souveraineté au Laos en 1953 par le traité franco-laotien.

C’est à partir de ce moment là que ça devient terriblement compliqué…
Pendant plus de 20 ans, des retournements de situations, coups d’états successifs et autres interventions extérieures vont secouer le Laos.
L’influence communiste qui s’empare de l’Asie du Sud-Est via Ho Chi Minh atteint le Laos qui ralie à son tour la cause du parti communiste d’Indochine. Un certain Kaysone Phomivhane sera le leader de ce mouvement communiste laotien.
La résistance communiste par ci, les francophiles royalistes par là, les coups d’états et la guerre civile font leur petit bout de chemin.
Bien entendu, les Etats-Unis ne vont pas tarder à se jeter dans la bataille de la lutte contre l’extension du communisme en Asie, et voici le Laos qui se retrouve au beau milieu de la 2ème guerre d’Indochine (« guerre du Vietnam »).
Le Laos est une plaque tournante stratégique (notamment grâce à la "piste Ho Chi Minh" qui permettait aux Vietcongs du Nord Vietnam de ravitailler leurs troupes du sud via le Laos) de la guerre du Vietnam et les vestiges de ces années noires sont toujours présents au Laos, notamment dans certaines régions stratégiques comme la plaine des jarres.
Les Etats-Unis n’ont pas hésité à former et à utiliser une minorité ethnique laotienne, depuis toujours en marge, pour combattre le communisme au Laos. Il s’agit des Hmongs, dont l’histoire est aussi mystérieuse, que glauque et passionnante. La condition des Hmongs pendant la guerre et surtout aujourd’hui au Laos est un vaste sujet absolument tabou, que ce soit au Laos, en France ou aux Etats-Unis.

Vous connaissez la suite de l’histoire. La défaite lente et douloureuse des Etats-Unis, qui finissent par se retirer du continent, la queue entre les jambes. ("doctrine Nixon" de désengagement militaire progressif).

Après quelques mois de galère, le Parti Révolutionnaire Populaire Lao (PRPL) fini par être proclamé parti unique en 1975 et le fameux Kaysone Phomivhane est nommé premier ministre : L’actuelle République Démocratique Populaire Lao (RDP Lao) est née.
Kaysone Phomivhane restera à la tête du pays jusqu’à sa mort en 1992.

Histoire – La période coloniale française

Fin 19ème, début 20ème siècle, avec l’accord du Siam, la France parvient à installer un consulat à Luang Prabang et finit par y demander le statut de protectorat. Si Oun Kham, alors roi de Luang Prabang, est aujourd’hui tenu pour responsable et considéré comme un traitre par le gouvernement.
Il n’avait pourtant pas vraiment le choix : autorité française ou domination thaïe…
Au début des années 1900, le Siam fini par céder toute la partie Est du Mékong à la France qui lui donne son nom actuel de Laos. Le nom de la capitale est francisé et passe de Wieng Chan à Vientiane.
Les frontières du Laos, alors composante de l’Indochine française, sont établies en 1907 par la Chine, la Grande-Bretagne et le Siam.

La France n’a pas vraiment accordé d’importance au Laos qui n’a été qu’une zone tampon entre l’influence britannique du Siam et de la Birmanie d’un côté et du Vietnam de l’autre côté.
Concrètement, la France n’a rien fait au Laos, ou presque, si ce n’est de ne pas tenir compte des nombreuses et très importantes disparités ethniques du Laos et de leur imposer un service de corvée colonial : tout homme laotien devait travailler 10 jours par an pour le gouvernement français.
La production du Laos n’a jamais représenté plus de 1% des exportations de l’Indochine.
A noter aussi que la France à pris l’initiative douteuse de céder au Siam une partie de la région lao de Champasak.

Le passage de la seconde guerre mondiale a été marqué par l’occupation de l’Indochine française par le Japon. Le peuple lao en profita pour jouir pendant quelques années d’une autonomie plus importante que sous domination française.

La période de la guerre et les débuts de l’après guerre marqueront le départ d’une période complexe où se mélangeront la fin du colonialisme français, la montée du communisme au Laos, la guerre froide et tout ce qui va avec.

Histoire – De 1975 à aujourd’hui

Une politique communiste dans tout ce qu’elle peut avoir de répressif et autoritaire fut mise en place.
L’ancienne famille royale fut exilée et pu mourir tranquillement de paludisme et de malnutrition, pendant que l’exode de la population vers la Thaïlande et l’occident s’organisait. Bien entendu les anciens sympathisants francophiles ou royalistes ont eu tout intérêt à filer fissa, mais n’oublions pas les Hmongs et quelques minorités ethniques qui ont eux aussi disparus du pays. 10% des Hmongs sont morts pendant la guerre, et le reste est aujourd’hui soit en occident, soit disparu, victime de la chasse aux Hmongs qui s’est longtemps pratiqué au Laos et qui serait d’ailleurs aujourd’hui toujours d’actualité (pour peser les mots, disons qu’ils sont maintenant sous surveillance, mais j’ai ouïe dire que certaines des régions à risques, ne le sont pas à cause des restes de la guerre, mais à cause des mines plus modernes qui ont été déposées dans les territoires Hmongs après la guerre…).

Pour ceux qui ont préféré rester au pays, la suite des événements s’est déroulée dans les camps de rééducation dans lesquels la dureté du travail, la durée de la détention et l’intensité de l’endoctrinement dépendaient de son CV.

Le Bouddhisme a également était dans un premier tant sévèrement restreint, mais dans un pays à la tradition et à la culture à ce point encrées dans la religion, le gouvernement n’a finalement pas eu d’autre choix que de rétablir souplesse et ouverture envers le Bouddhisme.

Après un début assez strict qui n’a finalement pas duré tellement longtemps, la politique du parti s’adouci petit à petit et l’échec économique et politique fini par obliger la RDP Lao à mettre en place une nouvelle stratégie politique en 1986 appelée « nouveau mécanisme économique », qui ouvre la voie à l’économie de marché et aux investissements étrangers. Décentralisation et initiatives privées sont au programme.

De la même façon, toutes relations avec le voisin Thaïlandais étaient interdites (universités, textes bouddhiques…), malgré la proximité culturelle, linguistique et géographique des deux pays.
Le Laos dans la même démarche d’ouverture à assoupli ses règles et les deux pays ont depuis la fin des années 80 renoué des liens. Les capitaux thaïlandais sont devenus l’une des principales sources de l’investissement étranger et l’immense majorité des importations au Laos sont de provenance Thaïlandaises.

Kaysone Phomivhane fini par mourir, considéré comme la figure de proue du communisme lao et comme un dirigeant compétant.
Ces successeurs sont des anciens de l’armée appartenant à la génération révolutionnaire.

Le Laos a été fortement touché par la crise économique asiatique entre 1998 et 2000.
Après avoir connu une certaine prospérité au milieu des années 90 grâce à l’accroissement des investissements et de l’aide étrangère dont il était très dépendant, la crise financière en Thaïlande, principal partenaire du Laos a du de lourdes conséquences sur l’économie laotienne.
Des troubles politiques se sont également fait ressentir pendant cette période comme par exemple une manifestation étudiante appelant à la fin du monopole politique du parti. Ce mouvement a été fortement réprimé par de longues peines de prison.

Malgré un mécontentement croissant de la population suscité par l’augmentation de la corruption, un parti unique dictatorial et l’absence de libertés (expression, association, presse), entre autres, le parti ne semble pas menacé, d’autant plus qu’il est soutenu par les régimes communistes chinois et vietnamiens qui ont compris qu’ils avaient beaucoup d’intérêts économiques et territoriaux à envisager au Laos.

Pendant que l’aide internationale au développement se casse les dents face à un gouvernement inerte et fermé et que les grands frères chinois et vietnamiens s’installent paisiblement dans une démarche invasive, l’exploitation minière et l’hydroélectricité sont les deux principales sources économiques du pays, si on ne considère pas le fait que ces ressources arrivent petit à petit entre les mains habiles de la Chine et dans une moindre mesure du Vietnam.
Le tourisme, et en particulier l’éco-tourisme, est sans doute l’activité la plus florissante au Laos et ne cesse de s’accroitre.

Les disparités grandissantes entre les villes et la campagne, le niveau et l’accès à l’éducation terriblement bas et le système de santé catastrophique ne semblent pas affoler le gouvernement qui s’en remet aux bonnes volontés des coopérations internationales.